[canardage] Critique du référentiel de Tear Prod

Publié le par Pénéloppe Eddo

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*réactualisation à 22h08*
Ami lecteur, public chéri mon amour, voici ma critique tant attendue du référentiel de Tear Prod  mais une critique allégée (sans pouvoir être brève) dans la mesure où je ne me sens pas d’attaque pour tout lister. J’utiliserai juste cette métaphore : prenez un surgelé Picard périmé (thon d’élevage de préférence), servez-le dans une assiette de porcelaine avec décor Hermès doré à l’or fin 120 carats n’oubliez pas la nappe de dentelle de Calais, les couverts d’argent et le champagne Veuve Clicquot, servez le tout en le faisant passer « ça » pour du Pierre Gagnaire et vous aurez l’idée que je me fais de ce référentiel après 2 malaises, 86 minutes passées au téléphone et autant de hurlement de chèvres incontrôlées sans compter la frustration que je ressens ce soir à l’idée de ne pouvoir vous livrer la totalité des critiques à formuler … Mais ceci je le laisse à de purs collectionneurs qui ont poussé des hurlements en lisant la bête et qui se sont jurés de réparer cette injustice de leur côté.

 

Par où commencer ?

L’emballage ! En effet, le livre est très beau, la couverture matelassée le choix de la photo, la qualité du papier ….. bref un vrai beau support de luxe, il faut le reconnaître !!! Il a sa place à côté de mes ouvrages publiés par la Réunion des Musées Nationaux et des grands musées tels que le British Museum, le Caire, Tokyo(oui j’me la pète un peu !):

Il s’agit d’un beau livre que l’on aimera à garder ……. Fermé ! Oui je dis bien fermé pour une seule et unique raison : lorsqu’on le feuillette une forte odeur faite d’alcool de pétrole et d’ether vous saisit à la gorge. Certes la qualité d’impression a atteint son sommet mais à quel prix et à quelles doses d’encre ? Personnellement j’ai éternué et eu des relents au fond de la gorge à plusieurs reprises cet après-midi lorsque je me suis mise à faire défiler les pages tellement l’odeur est forte et saisit le lecteur à la gorge (en ces temps où la conscience écolo est devenue une nécessité on se dit que si Tear Prod voulait assassiner ses lecteurs à coup de produits cancérigènes ils ne s’y prendraient pas autrement) Et je précise que, depuis hier, je ne suis hélas pas la seule à avoir eu ces symptômes de malaise. Par conséquent, il faut bien dire que la présence du marque-page m’interpelle … Signifie t-il : « lecteur reprends ton asphyxie où tu l’as laissé » ? ou bien « à la fin tu gagnes le droit d’allumer ta cheminée sans effort rien qu’en froissant les feuilles » ?

 

Pour le reste que dire ? Le livre se divise en 9 parties (uniquement) dont la première, la discographie, constitue l’essentiel. Un regret majeur et symbolique est à signaler dans ce chapitrage  (je ne vais pas développer davantage) : l’absence d’une section consacrée aux livres et diverses publications concernant Mylène Farmer

 

Et maintenant passons à l’action ….. le contenu  (c’est un beau livre alors tentons d’aborder tous les aspects) . A priori on peut se dire « chouette c’est class c’est complet on a tout » … sauf que … à détailler de plus prêt non seulement nous nous rendons compte que nous avons affaire à un ouvrage manquant de rigueur, de précision et de qualités dans les informations et les visuels proposés

 

Graphisme/Mise en page 

D’abord le rendu graphique : il est malheureux de constater que pour de nombreux supports les visuels viennent immanquablement soit d’Ebay ou de divers sites internet (la palme revenant aux PLV Avant que l’ombre de la page où la pixellisation immonde prouve à l’évidence une facilité dans la démarche qui a consisté à recueillir un maximum de visuels sans se soucier de la provenance. Pour d’autres par contre un effort a été réalisé et l’image a été retravaillé …. à la truelle sauvage maniée au pied gauche comme le montre par exemple le travail effectué sur le visuel de Rêver page 92, le centreur étant très maladroitement reproduit sous totoshop, tandis que le coffret profil japon de l’Autre (page 52) a été visiblement plongé dans un bain couleur de L’Oréal. Quant aux visuels concernant Jacquou et d’Anamorphosée c’est bien simple : le magnifique jaune doré de l’affiche est transformé en un jaune pisse de Charolaise. Les couleurs sont brûlées sur les supports de JTRA (faites le comparatif : la robe rose pâle portée par Mylène sur la pochette vire au fluo ou au fushia c’est selon) Tout ceci contribue à défigurer les supports et à ne pas les reconnaître purement et simplement dans certains cas … Dommage car, à côté, certaines pièces ressortent réellement bien comme par exemple le coffret profil Ainsi soit-je… de la page 24. Il est dommage, à l’inverse, que certaines pièces n’aient pas trouvé leurs places dans la mise en valeur, comme la poupée Sans Contrefaçon ou la statue du MT.

La maquette montre plus largement un amateurisme qui fait peur. La gestion de l’espace est mauvaise, les pages se distinguant par des vides énormes et des visuels extrêmement inégaux les uns par rapport aux autres, un minimum dans les échelles n’étant pas respecté.
Et si je vous produisais un petit exemple artisanal des manques et des visuels médiocres au niveau de la maquette afin de vous montrer et vous prouver toute la différence entre un compilateur et un véritable amoureux de la collection ? ? Allez hop ! Soyons fous !
Voici par exemple ce que propose le référentiel pour le plan promo d'Anamorphosée (la vignette fait très exactement 4 cm de haut dans le livre alors que dans le réel c'est un format A4 :
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Voici ma version de l'objet prise il y a quelques instants dans des conditions très sommaires au numérique sur le coin de mon canapé non éclairé :
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Pirates !

Hélas pour l’auteur quelques petits produits non officiels sont présentés comme étant des pièces officiels. Je vous en cite deux vite repérés : le sac à dos cuir L’Autre… de la page 186 n’a jamais fait partie du merchandising officiel de Mylène : c’est un bon gros produit pirate par excellence de même que la VHS have you ever seen french music ? de la page 175

Incohérences: les gros ratages

Elles sont nombreuses dans cet ouvrage qui a pour triste défaut de mélanger des pièces qui n’ont , par leur nature, leur origine, et leur destination rien à voir les unes avec les autres. Ainsi dans la section Cendres de Lune, nous retrouvons le synopsis de Tristana casé à côté de la cassette de la BO du clip page 17. Or il faut expliquer que ce synopsis est en réalité une photocopie que Christophe Mourthé revend aux fans sur Ebay depuis quelques années, et ce support n’a donc strictement rien d’officiel : c’est un document de travail à usage interne et qui plus est une copie destinée à alimenter le marché parallèle (comment je le sais ? parce que je le possède justement ^^). Je prendrais par exemple le chapitre consacré au merchandising. Il est fort dommage que l’auteur ne nous livre pas la définition du merchandising pour débuter. Je vous la livre afin que vous compreniez la suite : il se définit comme étant l’ensemble des supports destiné à promouvoir un artiste auprès du public (et non des médias ou des professionnels) sous forme de t-shirts, objets tels que des briquets jeux de cartes et cartes postales diverses. Or le chapitre débute sur ….. les pass des concerts ! On continue avec ce qui constitue le scandale de ce référentiel page 185 : la présence de l’affiche du parti extrémiste RLF avec la phrase « non à la sous culture des médias », affiche dénonçant Mylène par excellence coincée entre le T Shirt du tour 89 et la bouteille de mousseux L’Autre … !!! Cette affiche (d’un parti d’extrème droite ! il vous en prie !) n’a jamais fait partie du merchandising de Mylène comme l’auteur nous l’affirme en le classant dans cette catégorie, ce qui tendrait à prouver de façon assez définitive le manque de rigueur et de respect envers l’artiste qui a toujours affirmé son opposition à ce type d’idéologie (oh mais le saviez-vous ? L’auteur n’est pas un collectionneur à la base …il stocke et il revend et c’est tout).

Enfin, le tableau Cent titres, œuvre destinée à encourager la recherche contre le cancer du sein est honteusement classé dans la catégorie plan médias dossier de presse et invitations …. Faut-il y voir la mentalité de l’auteur qui n’a pas saisi la pertinence (ni l’importance) d’une rubrique consacrée aux participations de Mylène aux œuvres humanitaires  qui vont de la compilation Urgence au T shirt Séphora par exemple ?

The last ?  Mention spéciale au chapitre « disque d’or » qui comporte non seulement des disques d’or mais aussi d’argent de diamants, des récompenses issues des médias …. Ce défaut de langage est parlant d’un manque de vocabulaire et de reculs pour résumer l’intérieur. Il suffisait tout simplement de la rebaptiser « Récompenses » et dès lors le mélange des diverses pièces trouvait sa  justification 

….. et oublis 

Malheureusement il est notoire sur Paris que si une pièce n’est pas passée entre les mains de l’auteur celle-ci n’existe pas ou bien est un pirate. Mais quel dommage de constater un certain nombre d’oublis forts dommageables au demeurant.  En tête Lisa Loup et le conteur : on voit les box de Lisa-Loup mais point le livre …et la bio officielle et autorisée de Séguy ? Et le livre des concerts 2006 signé Claude Gassian ?  Quoi ? Un livre ça mord ? Ce n’est pas utile ? C’est un sous-produit ? C’est trop culturel ? C’est insultant ?

Voilà ….. J’achève ici ma critique sachant que j’aurai pu élargir pour le lecteur lambda, souligner le fait que le livre s'achève par les boutiques de ventes que les plus grands requins en terme de prix de la place parisienne comme Ecoute ce disque sont remerciés : la boucle est bouclé, un marchand a produit ce référentiel et il remercie des marchands et sa femme  en confondant vitesse et précipitation  … Cette critique ne concerne que moi. A vous de vous faire une idée ...

 

PS : cher auteur : le bonjour à ta femme de la part du Marais ;)

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