Jeudi 28 août 4 28 /08 /Août 17:17



C'est la mode ambiante tout le monde donne son avis sur le 7ème album studio de Mylène. A mon tour je m'y colle, mais avant, ami lecteur, je souhaite juste te signaler que mon avis n'engage que moi (il n'a donc aucune valeur générale) et, pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, je te signale que je ne fais pas partie de ceux qui ont apprécié l'album studio précédent Avant que l'ombre ... Enfin, troisième élément et pas des moindres il me semble, Mylène Farmer est de point de vue une artiste multiforme qui fait que de nombreuses personnes peuvent se retrouver en elle pour des raisons totalement différentes.
Une fois ce préambule fini, je me lance ...

Les supports : l'emballage des galettes me réjouit personnellement. Le trip nippo-gothique de la poupée est à la fois cohérent et novateur. Cohérent car depuis quelques temps, Mylène se dématérialise à travers des personnages fictifs : un double animé dans CUBJ ou plus récemment, une héroîne d'animation japonaise (et là aussi nous retrouvons le Japon)Personnellement j'ai trouvé que Mylène est allée "loin" en allant chercher deux artistes japonais jusqu'à présent associés à un mouvement artistique bien spécifique. Ces supports sont également plaisants dans la mesure où l'on assiste à un retour à la simplicité, la sobriété et une certaine noirceur dignes des albums de la période des années 80 après le très (trop) baroque et très (trop) flamboyant support réservé au précédent album. Mais (car il y a un "mais"), un gros défaut apparaît : les fautes de frappe dommageables à l'intérieur et la présence des paroles dans le désordre qui, personnellement, me dérangent

Les titres : le thème de l'ennui (suivi de prêt par le sexe) prédomine largement cet album au rythme entrainant. Personnellement, je n'ai zappé aucun titre lors de l'écoute alors qu'avec l'album précédent, j'avais irrémédiablement sauté sur la plage suivante dès le début de l'écoute de certains titres (QI, Aime, Ange Parle moi par exemple furent des boulets à mes oreilles... je les cite volontiers dans le but de faire hurler certains ;). Passons au détail

Dégénération : un son purement Boutonnat et très original finalement, servi par un texte minimaliste jouant sur des consonnances (un exercice à la Gainsbourg en somme) qui ouvre l'album et donne le ton : ça va bouger en effet !

Appelle mon numéro : un titre excellent et efficace par le fait que la mélodie est entêtante et se retient longtemps après l'écoute, ce qui en ferait un hypothétique single efficace quelquepart. Mais les paroles ne volent à priori pas très haut. cela dit la naïveté n'est qu'un gros paravent : n'est-ce pas plutôt un texte cochon l'air de rien, planqué sagement derrière un texte limite naïf ? On peut se poser la question avec la présence de mots comme lune et dune (présents dans Libertine) et le pillow ?! bref : "appelle mon numéro et faisons l'amour au téléphone chéri" me semble résumer ce texte ;)

Je m'ennuie : Mylène nous ressert un de ses thèmes fétiches depuis Lisa-Loup : l'ennui. Là aussi un titre excellent Un rythme entrainant, qui laisse présager un gros temps fort en concert. un single efficace s'il était choisi et en totale cohérence avec l'ouverture du site Lonelylisa.

Paradis Inanimé : un son qui, irrémédiablement fait penser à une composition d'Indochine, une production efficace, classique, bonne et pas mauvaise.

Looking for my name : cette ballade est une demi-déception : la resucée avec Moby donne un résultat loin d'être aussi intéressant à mes oreilles que le fut Slipping Away ... Une question de goût ou de choix de personne ?!

Point de suture : Dans la mesure où je ne suis pas "rentrée dedans" encore je n'en pense rien ;) C'est joli c'est bien c'est beau mais je suis froide et insensible (certains diraient que j'ai un coeur de pierre ;) )Rassure-toi ami lecteur j'avais eu ce sentiment avec l'album Innamoramento avant d'avoir le déclic. Ca va passer : deux cachets, quelques écoutes et cela ira mieux ;)

Réveiller le monde : aaaaaaargh ! Mais on le tenait le Désenchantée Bis ! Pourquoi Pourquoi Jésus-Marie-Joseph n'ai-je entendu que des défauts sur ce titre ? C'est une déception car, à mes oreilles, la voix de Mylène part trop dans les aigus, ne s'affirme pas assez, les choix d'instruments, d'arrangements, trop timides ou mal choisis c'est selon. Le souffle épique que le texte suppose est mal accompagné et le tube est avorté.

Sextonik : Gode save the Queen ! je ne peux pas m'empêcher de hurler de rire à chaque écoute. Si Mylène et Laurent sont doués dans un domaine ce sont bien les trips, les deux ayant bati une partie de leur succès sur l'un d'eux : Libertine. Là, cette dernière prend un sacré coup de vieux, ou, pour être moins irrévérencieuse, trouve une véritable suite avec ce titre, qui reprend même le mot de Libertine ainsi que les soupirs qui illustrent bien une jouissance non issue de la dégustation d'une tartine de Nutella à 16 heures au milieu d'une séance d'aérobic. Je me demande encore comment Mylène a pu avoir l'idée de livrer un texte qui n'est pas autre chose qu'une ode au godemichet (comment vous n'avez pas tapé Cyber skin en recherche Google ?! Mais vite vite ! faites-le après avoir éloigné les enfants et mamie de l'écran !)
Bref il serait réjouissant de voir ce titre en single servi par un clip aussi audacieux que le fut Libertine à son époque. On veut du sexe, de la polémique et du racolage actif au classement de l'IFOP ? Il faut Sextonik ! ;)

C'est dans l'air : incontestablement LE tube de l'album : la recette est impeccable dans ce morceau conceptuel : la voix, les paroles, le thème, la structure de la chanson qui offre un côté sombre avec ce rire inquiétant et gras qui surgit .. Il serait dommage qu'une exploitation en single ne soit pas envisagée.

Si j'avais au moins ... Un beau texte (le seul offrant les 3 points de suspension) mais hélas mangé par des arrangements qui l'étouffent un peu trop. Dommage car j'ai eu un frisson en entendant les violons du début (j'ai cru 5 secondes que ma platine était passée au CD d' Ainsi soit-je... malgré lui), mais le titre reste parfaitement écoutable et sujet à l'émotion.

Ave Maria :  Mylène offre une fin originale (limite déroutante pour les non-initiés au monde de l'opéra) en guise de piste cachée, en choisissant une reprise du répertoire classique qui, véritablement, tranche avec le reste de l'album. Ce choix sonne comme un écho à Avant que l'Ombre ... et à son trip croix et religion de la période précédente mais avec un côté plus solennel.

Bref au final un album globalement homogène qui monte en puissance au fil des titres, que l'on ne zappe pas et qui, sur scène, devrait donner de très bonnes surprises. Le grand public devrait suivre logiquement. Vivement 2009 !

Par Pénéloppe Eddo - Publié dans : lachouetteblanche
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés